Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor

Publié le par douceurslitteraires


inconnu.jpg 

  J’ai toujours été très intéressée par tout ce qui touche de près ou de loin à la Seconde Guerre Mondiale.

Entre les discours de ma grand-mère et de mon grand-père, les cours d’Histoire, les reportages télé et les livres, j’y puise toutes les informations que je peux trouver. Sûrement parce que cette période de l’Histoire n’est pas si loin et que je me sens concernée grâce à mon grand-père qui est allé au front.

Il y a énormément de livres, de romans et de films qui relatent ces quelques années de guerre. On a beaucoup appris sur la vie dans les camps, sur le génocide et sur les conditions de vie des familles essayant tant bien que mal d’élever leurs enfants malgré l’absence des pères.

Je suis très sensible à ce que je lis et à ce que je vois sur cette Seconde Guerre Mondiale, peut-être parce que l’horreur des faits me parait encore irréelle.

Un grand nombre de témoignages, tous plus poignants les uns que les autres ont été couchés sur le papier et j’en ai lu beaucoup. Mais ce livre que l’ont m’a prêté récemment ma retournée malgré la rapidité à laquelle il se lit.

C’est un roman épistolaire inspiré de lettres réelles entre Max et Martin. Ces deux amis ayant monté une affaire aux Etats-Unis après la Première Guerre Mondiale s’échangent des lettres suite au retour de Martin et de sa famille  en Allemagne. Max est Juif et est resté en Amérique pour s’occuper de l’affaire.

Les premières lettres sont pleines d’amitié et de tristesse liée à leur éloignement et on apprend aussi qu’une histoire d’amour a eu lieu plusieurs années auparavant entre Martin, l’Allemand, et Griselle, la sœur de Max.

L’arrivée d’Hitler au pouvoir et la création des jeunesses hitlériennes vont peu à peu faire changer le discours de Martin, concerné par la politique anti-juif du pays. Son amitié avec Max s’en trouve étiolée et il demande même à ce dernier d’arrêter de lui écrire sous peine d’être menacé de collaboration avec les Juifs.

Je vous laisse le soin de lire la suite qui reflète bien l’état d’esprit de l’époque et le pouvoir qu’Hitler avait sur ses citoyens.

 

Mon meilleur passage :

«  Mon cher Martin,

Je confie cette missive à Jimmy Lederer, qui doit brièvement séjourner à Munich lors de ses vacances européennes. Je ne trouve plus le repos après la lettre que tu m’as envoyée. Elle te ressemble si peu que je ne peux attribuer son contenu qu’à ta peur de la censure. L’homme que j’ai aimé comme un frère, dont le cœur a toujours débordé d’affection et d’amitié, ne peut pas s’associer, même passivement, au massacre des innocents. Je garde confiance en toi, et je prie pour que mon hypothèse soit la bonne (…) ».

 

 

Publié dans Romans étrangers

Commenter cet article

douceurslitteraires 24/11/2011 11:40

merci pour ton commentaire blablatine , je suis bien d'accord avec toi, ce livre est très marquant et colle tout a fait à la réalité de l'époque.

blablatine 23/11/2011 23:38

Très bel article je trouve ;-) Moi aussi j'avais lu ce livre pour mes cours de fac sur l'étude de la Seconde Guerre Mondiale, et je suis aussi touchée pour le passé, sans doute parce que les jeunes
générations ne prennent plus l'ampleur de tout ça, alors on se sent comme un devoir de mémoire, comme des témoins de l'Histoire pour qu'elle ne se répète jamais... Ce livre était très représentatif
de la propagande allemande d'après mes souvenirs, il permet de prendre conscience que pour les gens c'était devenu la normalité et non un acte monstrueux de haïr son prochain. :-)

Sév 23/11/2011 11:20

Je l'ai lu (et relu) il y a longtemps déjà, mais j'en garde un très bon souvenir. De la même auteure, j'ai aimé aussi "Jour sans retour".

douceurslitteraires 23/11/2011 10:32

merci beaucoup;0)

Prune 23/11/2011 10:10

Bravo,
Trés beau livre et trés belle article.
Bien Cordialement